Lorsque j’ai commencé à apprendre le roumain, il y a plus de vingt-cinq ans, je n’aurais jamais imaginé qu’un jour je reviendrais à Bucarest pour parler d’un livre consacré… aux mots de cette langue.
Cette semaine restera longtemps gravée dans ma mémoire.
Tout a commencé à la librairie française Kyralina, où j’ai eu la joie de présenter 80 mots de Roumanie devant une salle comble. Nous avons parlé de langue, de traduction, de littérature, mais aussi d’identité, de mémoire et de cette étrange aventure qui consiste à tomber amoureux d’une langue qui n’est pas la sienne.
Les échanges se sont prolongés bien après la rencontre. Les questions étaient nombreuses, les dédicaces aussi… et les livres ont fini par manquer. Pour un auteur, difficile d’imaginer plus beau cadeau.

Cette soirée n’était pourtant qu’un début.
Au fil des jours, j’ai eu le privilège d’être invité par plusieurs médias roumains, tous très différents les uns des autres, mais animés par la même curiosité.
J’ai commencé par une longue conversation avec l’équipe de Vorbitorincii. Pendant près de deux heures, nous avons parlé du roumain, de l’Histoire du pays, des stéréotypes… et de tout ce qui peut pousser quelqu’un à consacrer une partie de sa vie à une langue étrangère. Une discussion libre, passionnée, où l’humour n’était jamais très loin.
🎥 Vorbitorincii – Interview complète
J’ai aussi eu le plaisir d’être reçu par Andrei Partoș, dans son émission FOC de PAE. Nous avons pris le temps de revenir sur mon parcours, sur les livres qui m’ont accompagné, sur les rencontres qui ont jalonné ces vingt-cinq dernières années et, bien sûr, sur cette aventure qui a donné naissance à 80 mots de Roumanie.
🎧 FOC de PAE – Entretien avec Andrei Partoș
Quelques jours plus tard, changement d’ambiance au micro de Radio Guerrilla. L’exercice est plus rythmé, plus spontané, mais les questions reviennent, au fond, toujours à la même interrogation : qu’est-ce qui peut bien pousser un Français à tomber amoureux de la langue roumaine ?
🎙️ Radio Guerrilla – Entretien (extrait)
🎙️ Radio Guerrilla – Entretien complet
Puis sont venus les articles.
D’abord Cultura la Dubă, qui a choisi de raconter mon histoire à travers mon rapport à la langue roumaine. Puis Cotidianul, qui m’a donné la parole à la veille de la fête nationale française, autour d’une question qui m’accompagne depuis longtemps : quel regard un Français peut-il porter sur la Roumanie après tant d’années passées à la découvrir, à la traduire et à l’aimer ?
📰 Cultura la Dubă – Article
📰 Cotidianul – Article
Ce qui m’a le plus touché, ce n’est pas tant la visibilité offerte par ces médias que la nature des questions qui m’ont été posées.
Presque toutes revenaient, d’une manière ou d’une autre, à la même interrogation :
Comment un Français peut-il tomber amoureux de la langue roumaine ?
Je crois que c’est précisément cette question qui est au cœur de 80 mots de Roumanie.
Depuis sa parution, beaucoup de lecteurs roumains me disent que ce livre leur a donné envie de regarder leur propre langue autrement, de redécouvrir des mots qu’ils n’entendaient plus, de sourire devant des expressions qu’ils avaient cessé de remarquer.
Si c’est vrai, alors c’est sans doute le plus beau compliment que je puisse recevoir.
Cette semaine m’a aussi rappelé une chose essentielle : un livre ne s’arrête pas le jour de sa parution. À partir de ce moment-là, il commence une vie qui lui appartient. Il rencontre des lecteurs, suscite des conversations, ouvre des portes auxquelles son auteur n’avait jamais pensé.
Merci à toute l’équipe de la librairie Kyralina, à Vorbitorincii, à Radio Guerrilla, à Andrei Partoș, aux journalistes de Cultura la Dubă et de Cotidianul, ainsi qu’à toutes celles et tous ceux qui sont venus simplement partager un moment autour d’une langue que nous aimons.
Je repars de Bucarest avec des souvenirs, des amitiés nouvelles, des dizaines de conversations qui continueront longtemps à résonner en moi… et avec la conviction que cette aventure ne fait peut-être que commencer.
Au fond, 80 mots de Roumanie raconte une histoire très simple : celle d’un Français qui est tombé amoureux d’une langue… et qui n’a jamais vraiment réussi à s’en remettre.
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