De Nantes à Paris, un week-end pour raconter la Roumanie

Trois villes, quatre rendez-vous et beaucoup de roumain : du 18 au 20 septembre, 80 mots de Roumanie a poursuivi sa route entre Nantes, Carquefou et Paris.

Il y a des week-ends où les kilomètres finissent par se mélanger un peu.

Vendredi : Nantes.
Samedi matin : toujours Nantes.
Samedi après-midi : Carquefou.
Dimanche : Paris.

Trois villes en trois jours, donc, mais surtout quatre occasions très différentes de parler de la Roumanie, de sa langue et de tout ce qui se cache derrière quelques mots.

Et c’est probablement ce que j’aime le plus dans ces rencontres : partir d’un même livre et ne jamais vivre deux fois la même conversation.

À Nantes, des mots et des cartes

Le week-end a commencé vendredi soir à La Géothèque, une librairie nantaise où les livres côtoient les cartes du monde — ce qui, pour parler de Roumanie, me semblait déjà plutôt bien parti.

La salle était pleine pour une rencontre autour de 80 mots de Roumanie.

Nous avons parlé de langue, évidemment, mais aussi de clichés, de souvenirs, de circulation entre les cultures et de ces mots qui semblent parfois contenir beaucoup plus qu’une simple définition.

J’étais accompagné notamment de Marjolaine Solaro, venue présenter son travail autour de Nadia Comăneci, et la soirée s’est poursuivie autour d’un repas roumain partagé.

J’aime beaucoup ces moments où la frontière entre la rencontre littéraire et la conversation disparaît progressivement. Le livre devient alors surtout un prétexte pour parler, raconter, poser des questions et confronter des souvenirs.

Le lendemain matin : entrer dans le roumain

Samedi matin, retour à La Géothèque, mais changement complet de format.

Cette fois, il ne s’agissait plus seulement de parler du roumain, mais d’essayer d’en parler un peu.

Avec le Centre culturel franco-roumain de Nantes, j’ai animé un atelier d’initiation destiné à des personnes qui, pour la plupart, connaissaient peu ou pas la langue.

Quelques sons, quelques mots, quelques premières phrases.

J’aime particulièrement ce type d’atelier parce qu’il permet de faire disparaître très vite l’idée selon laquelle le roumain serait une langue complètement étrangère pour un francophone.

On commence avec quelques mots transparents.

Puis quelques règles.

Puis quelqu’un prononce sa première phrase.

Et, presque sans s’en rendre compte, on est déjà entré dans la langue.

Carquefou : quand un jumelage devient une histoire vivante

Quelques heures plus tard, direction Carquefou, à l’invitation du Comité de jumelage Carquefou–Racovița.

Ici, la relation avec la Roumanie n’avait rien d’abstrait.

Depuis 1989, Carquefou entretient des liens avec Racovița, et derrière les deux noms de villes il y a des décennies de rencontres, de voyages, de familles accueillies, d’amitiés et de souvenirs communs.

Parler de 80 mots de Roumanie devant ce public avait donc une saveur particulière.

Certains connaissaient déjà très bien le pays. D’autres y avaient des attaches personnelles. Et pour beaucoup, la Roumanie n’était pas un sujet extérieur : elle faisait déjà partie de leur propre histoire.

À la fin de la rencontre, Marjolaine Solaro écrivait dans une Story qu’elle avait désormais très envie d’aller en Roumanie.

Je me suis dit que, finalement, cela résumait assez bien la journée.

Et enfin Paris

Dimanche matin, retour à Paris pour le salon de l’édition indépendante Lisons Libres !, à la Halle des Blancs Manteaux.

Après les rencontres longues et les ateliers des deux jours précédents, changement de rythme une nouvelle fois : cette fois, quelques heures de dédicaces sur le stand de L’Asiathèque.

Des lecteurs déjà rencontrés ailleurs.

D’autres venus pour la première fois.

Des Roumains, des francophones, des personnes qui apprennent la langue, d’autres qui vivent avec depuis toujours.

Et puis, au moment où je terminais mes signatures, Gülay Hacer Toruk arrivait pour prendre le relais avec 80 mots de Turquie.

Nous avons évidemment échangé nos livres.

Après 80 mots de Roumanie, 80 mots de Turquie.

J’ai trouvé l’image assez belle.

Parce qu’au fond, toute cette collection repose elle aussi sur cette idée : partir de quelques mots pour raconter un pays autrement.

Faire circuler les mots

À la fin de ces trois jours, je me suis rendu compte que j’avais finalement fait à peu près la même chose partout, sous des formes différentes.

À Nantes, raconter.

Le lendemain matin, transmettre.

À Carquefou, rencontrer.

À Paris, échanger.

Mais toujours avec la même porte d’entrée : les mots.

Je dis souvent qu’on n’aime vraiment que ce qu’on a appris à connaître.

Ce week-end-là, entre Nantes, Carquefou et Paris, quelques mots roumains ont encore circulé.

Et s’ils donnent à quelques personnes l’envie d’aller voir un peu plus loin ce qu’il y a derrière eux, alors le voyage en valait largement la peine.

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