Chapitre 14 – Où l’on découvre les mélodies favorites d’Andrei Voiculescu

Entretien avec Andrei Voiculescu, octobre 2020

Le nombre de chansons qui ont marqué ma vie est impossible à estimer. Voici cependant quelques mélodies ou albums qui ont peut-être le plus compté pour moi tout au long de mon existence.

Je commencerais ainsi avec Jacques Dutronc et « Il est cinq heures Paris s’éveille », sorti en 1968. Pour moi, les paroles d’une chanson ont toujours été très importantes. J’ai toujours ressenti le besoin de les comprendre et je n’ai jamais aimé les chansons purement commerciales qui ne transmettent aucun message et n’offrent pas aux auditeurs la possibilité de réfléchir. J’ai donc toujours préféré les chanteurs qui transmettent quelque chose. En écoutant cette chanson de Dutronc par exemple, j’imaginais Paris, en tout cas le Paris que j’imaginais à l’époque où je voulais me tirer de Roumanie. Cette description de Paris était extrêmement suggestive pour moi. Sans compter que d’un point de vue musical, cette chanson est tout simplement splendide, en particulier pour ces incroyables passages de flûte traversière.

Ensuite, toujours dans le domaine de la musique française, j’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour la chanson de Léo Ferré, « C’est extra », sortie en 1969. Comme pour Fabrizio de André, j’ai toujours eu un profond respect pour ce chanteur qui est un véritable poète.

Autre chanteur essentiel pour moi, Don McLean et son album incontournable American Pie, sorti en 1971. Dans cet album, il y décrit l’état d’esprit du jeune américain qu’il était à l’époque (puisqu’il était alors âgé d’une vingtaine d’années). Il y parle notamment de ce qu’il a ressenti en apprenant la mort dans un accident d’avion de Buddy Holly (grand chanteur de rock de l’époque à qui l’intégralité de l’album a d’ailleurs été dédicacé). Dans ce même album, il y a aussi une mélodie qui s’intitule « Vincent » et qui est dédiée à Van Gogh. Don McLean y décrit ce qu’on peut ressentir en regardant les tableaux de ce peintre. C’est absolument merveilleux ! Il y a aussi « The Grave » qui parle de la guerre du Viêt Nam… En fait, dans cet album, il y a au moins cinq titres purement fabuleux et avec des paroles bouleversantes !

J’ai aussi toujours beaucoup été touché par le chanteur français Michel Sardou. Et en particulier par sa chanson « Vladimir Ilitch » qui est sortie dans les années 1980. La première fois que je l’ai entendue, je me suis tout de suite dit « Enfin ! Le monde de la culture française qui dans sa grande majorité était jusqu’à présent favorable au régime communiste de Russie, comme Yves Montand ou encore Jean Marais, ce monde-là ouvre enfin les yeux. Quelqu’un en France s’est finalement rendu compte de ce qui se passe réellement là-bas et a le courage de dénoncer cette mascarade. »

Il existe aussi une autre chanson qui m’a beaucoup marqué tout au long de ma vie, et qui s’intitule « Hey Big Brother ». Elle était chantée par un groupe américain qui s’appelait Rare Earth. Il s’agit de la première troupe de musiciens blancs à avoir signé avec la maison de disque Mowtown qui jusqu’alors était réservée aux artistes noirs. Ce groupe chantait du rock dans un esprit hippie. Ils avaient également une autre chanson qui m’a toujours beaucoup plu et que je mettais à chaque fois que j’animais une émission un peu spéciale. Cette chanson s’intitule „I just want to celebrate”.

J’aurais encore des centaines et des centaines de chansons à vous proposer tant la musique a compté et compte encore pour moi. Mais comme il faut bien s’arrêter à un moment donné, je terminerai en vous parlant d’une chanson sortie elle aussi dans les années 1970 et qui s’intitule « Sympathy ». Il en existe deux versions. Celle du groupe Rare Bird (qui la chante n’importe comment) et celle du groupe The Family Dogg. Un morceau tout simplement fabuleux !

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Sommaire

Introduction

Chapitre 1 – Où il est question d’arrestation arbitraire et du barrage de Bicaz

Chapitre 2 – Où il est question d’internat, de tourne-disque et de soirée dansante

Chapitre 3 – Où il est question de tuberculose osseuse et de patinage de vitesse

Chapitre 4 – Où il est question de scooter et de la revue Steaua

Chapitre 5 – Où il est question de Fabrizio de André, du Club A et de Radio Bucarest

Chapitre 6 – Où il est question de Club 33, de Scotch Club, et de Whisky à Gogo

Chapitre 7 – Où il est question d’exil et de galères

Chapitre 8 – Où il est question de Cornel Chiriac et de Radio Free Europe

Chapitre 9 – Où il est question de cartes postales, de « Melogriver » et d’indépendance

Chapitre 10 – Où il est question de transition ratée et d’impossible retour

Chapitre 11 – Où il est question de Munich, de Prague et d’un nouveau départ

Chapitre 12 – Où l’on parle de Radio Bucarest et de permis de travail

Chapitre 13 – Où l’on parle d’édition et d’Harpagon

Chapitre 14 – Où l’on découvre les mélodies favorites d’Andrei Voiculescu

Andrei Voiculescu en 1970
©Copyright by Andrei Voiculescu©

Publié par sylvaudetgainar

Sylvain Audet-Găinar est né en 1980 et a fait des études de Lettres à Lyon, à Strasbourg et à Bucarest. Fasciné par la Roumanie, il y a vécu et enseigné le français pendant de longues années. Il a également été le traducteur de plusieurs polars roumains, avant de se lancer aujourd’hui dans l’écriture de ses propres romans.

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