Interview 12 – Traduire, écrire, trouver un éditeur ?

Au début des années 2010, afin de contribuer au rayonnement culturel de la Roumanie que je trouvais encore et toujours bien malmené par le regard condescendant de beaucoup de mes concitoyens, j’ai souhaité me lancer dans la traduction d’œuvres littéraires roumaines populaires en français. J’ai tout de suite porté mon dévolu sur un genre très peu, voire pas du tout représenté en France, et qui pourrait pourtant toucher le plus grand nombre de lecteurs : le polar roumain.

Grand admirateur du travail de Rodica Ojog-Brașoveanu et de George Arion, j’ai aussitôt commencé à en traduire plusieurs romans et à les envoyer à des maisons d’éditions. Je suis enfin parvenu à trouver une éditrice prête à accepter la publication des romans de George Arion, lors du Salon du livre de Paris, alors que la Roumanie était justement à l’honneur cette année-là.

En 2014, est ainsi paru Cible Royale, roman d’espionnage se déroulant dans les années 1990.

En 2015, Qui veut la peau d’Andreï Mladin ?, polar burlesque du début des années 1980.

Et en 2017, La Vodka du Diable, la suite des aventures d’Andreï Mladin, toujours aussi burlesque.

Aucun éditeur n’a été intéressé par le travail de Rodica Ojog-Brașoveanu et encore moins par les jeunes auteurs de polars que je tentais également de promouvoir. Beaucoup de travail et d’échec qui font hélas ! partie du lot de nombreux traducteurs de langues dites rares.

Il paraitrait qu’il n’y aurait aucun intérêt de la part des lecteurs français de lire des romans roumains, mais rien ne semble non plus fait pour générer et attiser ce désir.

Un peu las de ce discours défaitiste de la part des éditeurs, fatigué du travail monstre que ces projets représentent, j’avoue qu’être passé à l’écriture de mes propres romans a été une forme d’évasion de ce statut si souvent ingrat de traducteur, dont on oublie quatre fois sur cinq de citer le nom alors que sans son travail, cette version du livre n’existerait pas.

Ceci étant dit, je n’ai pas encore complètement renoncé à cette mission et compte bien repartir prochainement à l’attaque.

***

Să traduci, să scrii, să găsești un editor?

La începutul anilor 2010, pentru a contribui la difuzarea culturii române în străinătate, cultura încă privită din păcate cu o mare condescendență din partea multor concetățeni, am vrut să încep să traduc câteva opere literare populare românești în franceză. M-am concentrat imediat pe un gen literar care ar putea ajunge la cel mai mare număr de cititori: thrillerul românesc.

Find un mare admirator al operei Rodicăi Ojog-Brașoveanu și a lui George Arion, am început imediat să traduc mai multe romane și să le trimit la diferite edituri din Franța. În cele din urmă am reușit să găsesc un editor dispus să accepte publicarea romanelor lui George Arion, întâlnirea având loc din pură intâmplare la Târgul de Carte de la Paris, atunci când România era invitată de onoare a acestui Salon (22-25 martie 2013).

În 2014 a fost publicat Cible Royale (Nesfârșita zi de ieri) un roman de spionaj a cărei actiune se desfașoară în anii 1990.

În 2015, Qui veut la peau d’Andreï Mladin ? (Atac în bibliotecă), un thriller cu mult haz de la începutul anilor 1980.

Iar în 2017, La Vodka du Diable (Profesionistul), continuarea aventurilor lui Andrei Mladin, tot la fel de comic.

Niciun editor nu a fost interesat în schimb de opera Rodicăi Ojog-Brașoveanu, cu atât mai puțin de tinerii scriitori de thriller pe care încercam să-i promovez. Multă muncă și multe eșecuri care, din păcate, sunt bine cunoscute de către traducătorii de așa-numitele limbi rare.

Auzim des că nu ar exista nici un interes din partea cititorilor francezi pentru literatura românească. Dar sunt și puțini editori care incearcă să genereze de adevărateala această dorință!

Un pic obosit de acest discurs defetist, obosit de munca enormă dar necesară pentru astfel de proiecte, mărturisesc că decizia mea de a scrie propriile mele romane a fost o formă de evadare din acest statut de traducător, al cărui nume este uitat de patru ori din cinci, în ciuda faptului că fără munca sa, această versiune a cărții nu ar exista.

Acestea fiind spuse, nu am renunțat încă complet la această misiune și intenționez să ma reapuc chiar în curând de lucru!

***

1 – C’est quoi ce livre ?

2 – Un polar ? Mais avec quel arrière-plan ?

3 – Est-ce que toute l’histoire est tirée d’une histoire vraie ?

4 – Est-ce que la galerie de personnages par leur diversité permet de raconter l’histoire de 50 ans de la Roumanie mais aussi d’engager des points de vue… des parti pris ?

5 – À quand la suite ?

6 – Qui est Arthur ?

7 – Quelles sont les sources littéraires du « Rififi à Bucarest » ?

8 – Arthur est-il amoureux ? Est-ce un sentimental ?

9 – Quelle place a joué la langue roumaine dans l’écriture du roman ?

10 – Quelle est la place du cinéma dans « Du Rififi à Bucarest » ?

11 – Comment gère-t-on en tant qu’auteur un personnage qui n’est pas un personnage de fiction ?

12 – Traduire, écrire, trouver un éditeur ?

Publié par sylvaudetgainar

Sylvain Audet-Găinar est né en 1980 et a fait des études de Lettres à Lyon, à Strasbourg et à Bucarest. Fasciné par la Roumanie, il y a vécu et enseigné le français pendant de longues années. Il a également été le traducteur de plusieurs polars roumains, avant de se lancer aujourd’hui dans l’écriture de ses propres romans.

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